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Dans le monde de Blind Guardian ...

Les articles qui suivent sont la traduction d'une série d'interviews qu'a mené en juillet 2009 au Masters Of Rock le magazine tchèque Rock'n'Metal. Dans ces interviews, Hansi nous parle en détails de comment s'est déroulé l'enregistrement de chaque albums, des tournées qui s'en sont suivies et de comment du petit groupe underground ils sont passés à l'un des piliers du power metal ...

Battalions Of Fear

Battalions Of Fear

Nous étions au début de l'histoire du groupe, encore jeunes. On ne savait pas à quoi s'attendre. Avant d'enregistrer notre premier album, nous avions produit 2 demos. Pour l'enregistrement de cet album, le label No Remorse Records nous avait contactés, débutant dans le métier autant que nous. Ils ne bénéficiaient pas d'une grande expérience pour promouvoir une nouvelle sortie, mais par chance, nous avons rencontré Kalle Trapp, en charge des Kall Studios, qui était déjà un producteur chevronné à l'époque. Nous n'avions aucune idée sur la manière d'enregistrer un album. On pensait que ce serait fun, essayant de nous amuser un maximum, chacun à sa place, travaillant jour et nuit au studio. Ca s'est révélé plus compliqué que prévu, je travaillais à plus de 150 km du studio, et les liaisons par train n'étaient vraiment pas évidentes. Je me levais à 5 heures du matin, après m'être couché une heure plus tôt seulement, si l'on n'avait pas carrément fait une nuit blanche. Je me reposais un peu dans le train, puis je bossais jusqu'à 16 heures, avant de retourner au studio. Nous n'avions pas d'autre solution, il fallait bien gagner son pain.

Peu de personnes entendaient parler de nous, nous étions assez "underground". Avant de signer avec le label, les choses étaient assez différentes. Pour composer, nous n'avions pas de délai. On rassemblait deux ans de travail, réalisé à notre rythme. Le premier titre que l'on a écrit était Wizard's Crown. Mais d'un coup, on avait un contrat entre les mains, tout s'étant passé très vite, ne nous laissant que peu de temps pour composer des nouveaux morceaux. Il en fallait 2/3 de plus, le plus rapidement possible. Les derniers titres écrits pour cet album étaient Guardian Of The Blind et The Martyr. On travaillait sous pression et sous l'influence de Kalle, ce qui se ressent sur l'album. Nous étions de jeunes novices, c'est lui qui nous a aidé et appris le travail en studio. Il nous disait quelles chansons étaient prêtes pour l'album, et comment leurs versions finale devaient sonner. D'un point de vue musical, Thomen s'est révélé être le plus qualifié d'entre nous. Il s'est très bien occupé de ses parties et a vite assimilé tous les titres. Rester des musiciens était parfois difficile, spécialement pour moi, qui devais m'occuper de la basse et du chant. On n'était pas vraiment habitués à jouer ensemble, ce qui explique que l'enregistrement ait pris pas mal de temps. C'est peut-être la motivation et la capacité de Thomen qui nous a motivés pour travailler dur. Je trouve que malgré les difficultés, les chansons sont vraiment bonnes, même si les écouter aujourd'hui reflète notre manque d'expérience de l'époque. Je me concentrais plus sur la basse que sur le chant, si on compare avec le chant des autres albums, il est évident qu'il était nécessaire de s'améliorer et de bien travailler ce point.

Si je devais noter cet album, le meilleur morceau est pour moi Run For The Night, la seule qui ait un aspect un peu commercial. Mais d'un autre côté, la plus populaire est Majesty. En sortant "Battalions Of Fear", on pensait devenir immédiatement des superstars. On trouvait notre bébé excellent et reprenant tout ce qui fait un bon album de heavy metal. Finalement, on n'est pas devenus des stars et on était déçu lorsque les chroniques nous mettait 7 ou 8 et non 10/10. L'album avait été bien accueilli, mais on ne ressentait pas ce qu'on avait espéré. Le label ne disposait pas d'assez de moyens pour nous faire une bonne promo, bien des groupes étaient meilleurs que nous, il fallait donc se rendre à l'évidence : nous étions toujours dans le monde de "l'underground", nous n'avions pas percé dans la communauté heavy metal. Nous avons fait une tournée d'une dizaine de dates en Allemagne pour promouvoir l'album, jouant avec le groupe Grinder devant 70 à 80 personnes en moyenne, et même devant seulement 12 une fois. Le public nous appréciait, et les concerts nous ont permis d'accroître notre popularité. Si on revient sur le nom ... Dans les premières années, nous utilisions celui de Lucifer's Heritage, mais on nous a dit que pour un groupe de speed melo, ça ne sonnait pas top. On aimait bien ce nom, sans y être accrocs non plus, il servait plus par défaut. On l'avait trouvé pour la première demo, mais on a donc commencé à réfléchir à un nouveau pseydonyme, on avait pas mal d'idées. Un moment on a songé à Battery, à cause du titre présent sur Master of Puppets de Metallica. On adorait ce morceau, et le nom nous semblait coller pour un groupe de power metal. Finalement, il était déjà utilisé, on a donc utilisé la chanson intitulée Guardian Of The Blind, ce qui a donné le choix final : Blind Guardian.

Follow The Blind

Follow The Blind

Avant de travailler sur le nouvel album, on a changé notre vision de la musique. Auparavant inspirés par des groupes comme Iron Maiden ou Helloween, nous nous sommes plutôt intéressés à des groupes plus progressifs, comme Fates Warning. Nous écoutions aussi beaucoup de thrash metal, des groupes comme Testament, par exemple. Bien sûr, la NWOBHM nous a tout de même grandement influencés (Satan, Demon ...). Ces changements dans notre approche expliquent que "Follow The Blind" soit notre album le plus heavy. Pour l'enregistrer, nous n'avions encore une fois que peu de temps. Les concerts du "Battalions Of Fear Tour" s'achevaient fin 1988, on pensait donc aller en studio début 1989. Pendant 4 à 5 mois, nous avons rassemblé les chansons à la salle de répétition. Le reste a été effectué en studio, mais nous n'avions effectué aucune pré-production. Kalle désirait ainsi capter l'atmosphère et le sentiment assez "brut" des morceaux.

On avait l'habitude de la visite d'autres groupes dans le studio, du coup on faisait souvent plus la fête que de l'enregistrement – encore plus que pour "Battalions Of Fear". Je crois que l'on peut ressentir cet esprit sur l'album, pas uniquement dans les chansons, l'album reflète aussi notre style de vie de l'époque. Au niveau des paroles, une évolution existe aussi. Si celles de "Battalions Of Fear" étaient beaucoup basées sur des histoires fantastiques, celles de "Follow The Blind" sont plus "sérieuses". Je pourrais, encore aujourd'hui, écrire de telles paroles. Valhalla est devenue le titre le plus populaire de l'album, chaque personne l'ayant entendu au studio était conquise, nous affirmant que ce serait un de nos plus grands tubes. Kalle disait être un grand ami de Kai Hansen, discutant d'une éventuelle apparition sur notre album. On lui a envoyé celui-ci, et c'est Valhalla qui a retenu son attention. Il était assez ouvert et accepta la collaboration, ce qui nous a apporté de bons souvenirs. C'était une expérience enrichissante de l'avoir dans le studio, et ça nous a permis de bénéficier d'une certaine publicité grâce à cette apparition.

Après l'expérience de notre première tournée, on a décidé d'arrêter ce genre de concert. Plutôt qu'une réelle tournée, on préférait jouer lors de concerts durant le week-end. Nous avons fait environ 30 dates en Allemagne, commençant le vendredi et rentrant à la maison le lundi. Les medias considéraient "Follow The Blind" moins bon que son prédécesseur, mais les réactions des fans étaient assez différentes et parfois vraiment géniales. Même si nous nous produisions dans des petites salles, elles étaient à chaque fois pleines. Notre statut "underground" disparaissait, nous étions mis au même niveau que des groupes comme Kreator, Grave Digger, Running Wild ou Rage. Cet album nous a donc permis de nous placer sur le devant de la scène heavy metal allemande. On commençait même à avoir de l'audience dans les autres pays européens. Les rentrées d'argent étaient toujours assez faibles, mais l'album se vendit toutefois au-delà de nos espérances. Après l'échec de notre premier album, on nous a souvent conseillé de laisser tomber. Le label avait des soucis financiers, signant des contrats avec de nouveaux groupes qui ne rencontraient pas le succès espéré, comme Grinder (avec qui nous avions tourné). Mais de notre côté, la situation changeait, les concerts étaient des réussites, l'album se vendait bien et le label nous portait plus d'attention. Nous avons récolté 15 000 Deutsche Marks, pas assez pour pouvoir vivre. Mais grâce à ces revenus, on a pu continuer à faire ce qui nous plaisait avec de bonnes bases. Plutôt que de dépenser cet argent n'importe comment, nous avons décidé d'investir dans un appareil nous permettant d'enregistrer jusqu'à 24 pistes sonores, et nous avons commencé à bosser sur du nouveau matériel.

Tales From The Twilight World

Tales From The Twilight World

Nous pouvions donc travailler de façon professionnelle. Nous enregistrions presque tout dans la salle de répétition, travaillant attentivement sur chaque petit détail. En arrivant au studio, nous avions une bonne vision de ce que devait être la version finale de chaque titre, qui avait déjà été amélioré par rapport à sa première version. C'est entre les albums "Follow The Blind" et "Tales From The Twilight World" qu'on trouve la plus grande progression du groupe. On a commencé à utiliser des chœurs, nous concentrant sur les refrains et les guitares, avec une approche rappelant Queen, groupe très important pour Blind Guardian. Notre musique est bien sûr influencée par des groupes plus heavy, mais au début des années 1990, on a beaucoup écouté les débuts de Queen (A Night at the Opera, de 1975, ou Jazz, de 1978), ce qui a beaucoup influencé les titres de "Tales From The Twilight World". L'album est cette fois inspiré de fantasy et de légendes, et pas uniquement au niveau des paroles. On trouve parfois des éléments folks ou celtiques, qui continuent d'exister dans ce que l'on compose aujourd'hui.

Notre studio avait déménagé à Hambourg, propulsés en plein milieu de la scène. Nous étions encore jeunes, profitant de l'argent investi par le label. No Remorse Records a fusionné avec Virgin Records, assurant pour nous une très bonne promotion. C'est la première fois qu'on rencontrait un succès international, dans de nombreux pays. Celui qui nous a le mieux accueilli est le Japon, dans lequel nous sommes même entrés dans les charts, pour la première fois, dans le top 50 des groupes les plus vendeurs, il me semble. Les medias se sont alors plus penchés sur notre cas, nous répondions à des tas d'interviews. On se doutait que quelque chose d'énorme nous arrivait, on a signé un contrat avec JVC Records pour notre promotion dans l'Asie du Sud-Est, ce contrat tient toujours aujourd'hui. Nous étions tout d'un coup demandés partout, les medias voulaient écrire et parler de nous, nous avions trouvé notre style et notre son, malgré les influences des autres groupes qu'on peut trouver dans notre musique. Nous devions cependant faire face à de nouveaux problèmes.

Le premier fut l'annulation de shows de la tournée européenne à cause des problèmes de santé de Thomen, qui l'ont conduit à une opération. On ne voulait pas d'un autre batteur, nous avons donc dû annuler. Thomen a mis 6 mois à se remettre, mais l'album tournait encore sur les platines des fans. Nous étions enfin prêts à entamer la tournée, nous avons donc approché notre agent, désireux de nous aider. Hammer Production nous a permis de tourner avec Iced Earth, début 1991. Les concerts furent des réussites, nous avions environ 800 personnes venues nous voir en Allemagne. C'est également de cette façon que notre amitié avec Iced Earth a commencé, toujours vivace aujourd'hui. Cette tournée était vraiment géniale, on s'amusait bien, malgré les quelques concerts annulés à cause de la blessure de Thomen.

Somewhere Far Beyond

Somewhere Far Beyond

La situation n'était pas simple, les attentes pour le nouvel album étaient énormes. N'importe quel label vous dira que le troisième est le plus important de la discographie, quel que soit le groupe. La consécration, ou la descente aux enfers. Après le succès de "Tales From The Twilight World", il nous fallait consolider notre position sur la scène metal, et ne pas être considérés comme un groupe surgi de nulle part et repartant aussi vite qu'il était venu. Notre succès n'est pas arrivé de nulle part. Malgré les difficultés, nous n'avons pas abandonné, et ça a payé. Au début des années, le grunge était mis sur les feux de la rampe, mais on ne peut se plaindre d'une perte d'intérêt de la part des fans. Je reste cependant certain que si on avait créé le groupe 5 ans plus tôt, il aurait rencontré encore plus de succès. On a donc commencé à composer sous pression, et ça s'est ressenti chez tous les membres, notamment par des difficultés de concentration, contrairement à l'opus précédent. Pas mal de choses ont été négligées. Pour composer les 3 premiers titres, ça nous a par exemple pris un temps fou, ce qui explique la plus longue attente entre "Tales From The Twilight World" et "Somewhere Far Beyond" qu'entre "Follow The Blind" et "Tales From The Twilight World". "Follow The Blind" est un bon album, mais ce n'est pas un tournant de notre discographie, contrairement à son successeur.

Le premier morceau écrit était Time What Is Time. Une fois terminé, on savait être sur la bonne voie pour faire au moins aussi bien que "Tales From The Twilight World". On a donc continué à travailler sur du nouveau matériel, la chanson suivante était Ashes To Ashes. En composant Tommyknockers pour "Tales From The Twilight World", on pensait que c'était la meilleure voie qu'on ait emprunté, on était très content de ce titre. Mais en écrivant Ashes To Ashes, il devint clair que celle-ci serait une de celles qui définirait au mieux le style du groupe. Par rapport à "Tales From The Twilight World", les morceaux de cet album sont plus lents et peut-être aussi plus mélodiques, sans non plus ressembler à de la pop. Grâce à des titres comme Theatre Of Pain et The Bard's Song (In The Forest), nous pouvions nous évader ailleurs. Après avoir écrit les 3 premières chansons, nous avions retrouvé la forme, et de nouvelles idées vinrent spontanément. Nous avions retrouvé notre confiance en nous, ce qui est primordial pour un musicien s'il veut composer de nouvelles choses. Nous avons fait pas mal d'expérimentations, combinant folk et metal, innovant pour l'époque. Il est clair que pour cette orientation, Skyclad nous a inspiré.

Nous savions aussi que la fin du vinyle approchait, remplacé par le CD, il était donc nécessaire de bien travailler le son en studio. Nous voulions faire de cet opus un album spécial, dans ce but on a cherché à faire une reprise. Vu que nous sommes des grands fans de Queen, reprendre un de leur morceau s'est rapidement infiltré dans nos esprits. Je ne voulais pas qu'on reprenne un de leurs plus grands tubes, comme Bohemian Rhapsody ou We Are The Champions. On ne voulait pas que les gens pensent qu'on désirait devenir des superstars aux frais d'un titre écrit par quelqu'un d'autre plus tôt. En reprenant Spread Your Wings, nous voulions rendre hommage à Queen, et notre choix s'est également porté sur ce titre car nous nous sommes dit que c'était facilement mémorisable pour la chanter. J'ai vraiment été surpris du résultat final. Nous n'étions pas d'aussi bons musiciens que ceux de Queen, mais en prenant nos capacités de l'époque en compte, ça sonnait vraiment bien. On a terminé l'enregistrement par une autre reprise, Trial By Fire, du groupe Satan. C'est mon titre préféré de ce qui est sorti de la NWOBHM.

"Somewhere Far Beyond" était notre premier album qui s'est placé dans les charts de la plupart des pays. Nous avons tourné pour la première fois au Japon, (où "Somewhere Far Beyond" a atteint la première place). C'était vraiment excellent, on ne s'attendait pas à un tel soutien dans une ville comme Tokyo. Je me souviens, nous y étions allés durant l'été, il faisait une chaleur épouvantable. On ne s'attendait pas plus à une telle présence lors de nos concerts. A cette époque, Rage tournait aussi au Japon, on faisait souvent la fête avec eux. Finalement, on intéressait de plus en plus de monde, nous étions invités à de nombreuses fêtes, nous avons rencontré des gens intéressants. Je considère toujours cette période comme l'une des meilleures de ma vie. Nous avons à nouveau tourné, pour une brève période, avec Iced Earth, ne visitant cependant pas tous les pays européens. Nous avons néanmoins participé à de nombreux festivals d'été, et pour la deuxième fois la même année, nous sommes retournés au Japon, ce qui nous a donné l'occasion d'enregistrer notre premier album live officiel, "Tokyo Tales". Les japonais sont très bons pour enregistrer un live, et sont très attentifs à la qualité, ce qui explique l'excellente facture de ce disque. Le titre est inspiré de l'album live de Scorpions, un des groupes adulés par le Japon pendant un bout de temps, Tokyo Tapes. Après la sortie de "Somewhere Far Beyond", nous avons été nominés en Allemagne pour les Echo Award dans la catégorie "Groupe allemand le plus populaire à l'étranger".

Imaginations From The Other Side

Imaginations From The Other Side

Par rapport à l'album précédent, nous étions dans une situation totalement différente. Nous étions relaxés et en même temps débordants d'énergie. La composition de nouveau matériel n'a pas posé de problème. Nous étions devenus la priorité pour notre label (Virgin Records), ils nous poussaient et nous mettaient la pression un maximum. Nous pensions qu'il était temps de changer et de travailler avec d'autres personnes. Kalle Trapp nous suivait depuis le début, mais nous voulions évoluer et gagner plus d'expérience. Bien sûr, Kalle était très qualifié, expérimenté et en savait un rayon sur la musique, mais il était limité sur certains champs, et au niveau où nous étions, il n'avait plus grand-chose à nous offrir. Nous avons également changé de studio, et pour la première fois nous n'avons pas enregistré en Allemagne mais aux Sweet Silence Studio à Copenhague, Danemark. Nous voulions d'abord y rester 3 mois, finalement nous y sommes restés 5 mois. On avait beaucoup de bonnes idées, améliorant sans cesse, essayant de faire de notre mieux.

Après la sortie d'"Imaginations From The Other Side", Thomas J. Miller est devenu notre manager, s'étant déjà occupé de Manowar. Nous étions amis depuis quelque temps, grâce à lui nous sommes allés aux Etats-Unis ou en Espagne, où nous n'avions jamais joué auparavant. L'Espagne s'est d'ailleurs révélée être un pays très important pour nous. Les médias s'intéressaient beaucoup à nous dans le monde entier. Le label voulait en profiter autant que possible, ils nous ont donc mis la pression pour enregistrer un nouvel album le plus vite possible. Nous voulions d'abord mettre Mr. Sandman en bonus sur la version japonaise d'"Imaginations From The Other Side", ils nous ont persuadés de la garder pour plus tard, certains que ce titre ferait de nous des superstars, nous ouvrant toutes les portes. Nous avons tourné une vidéo coûteuse pour ce morceau, et le label l'a transmise partout où il le pouvait.

En 4 semaines, nous avons créé la compilation "The Forgotten Tales", sur laquelle apparaît Mr. Sandman, ainsi que quelques autres reprises, comme Surfin' Usa, Barbara Ann/Long Tall Sally (présente à l'origine sur "Follow The Blind"). L'album contient aussi des chansons déjà existantes, mais dans leur version orchestrale ou acoustique. Mr. Sandman ne rencontra toutefois pas le succès espéré par le label, tout comme la vidéo, à laquelle nous avions du mal à nous identifier. Ils voulaient nous habiller en femmes chantant le titre en clowns. Nous avons accepté, mais le résultat fut pas mal de dépenses pour rien. L'album "The Forgotten Tales" s'est bien vendu, mais n'a pas atteint le succès d'"Imaginations From The Other Side". Nous n'avons pas tourné pour promouvoir cette compilation, continuant en fait "l'Imaginations From The Other Side Tour". Nous nous sommes alors séparés notre manager Thomas J. Miller, qui contrôlait presque tout, des concerts aux ventes d'albums. Nous perdions l'argent que lui gagnait. Ce fut un moment important pour nous, car nous faisons presque tout seuls maintenant et à partir de cette époque. Personne, mis à part nous, n'interfère ou ne nous influence, sauf les personnes en qui nous avons une totale confiance, les personnes s'occupant de la production et les artistes avec lesquels nous collaborons, par exemple.

Nightfall In Middle-Earth

Nightfall In Middle-Earth

Nous savions qu'il allait être difficile de proposer un album de même niveau, voir meilleur, que "Imaginations From The Other Side". Nous savions aussi qu'un tournant était arrivé dans notre discographie, nous devions donc proposer quelque chose de spécial. C'est surtout André et moi qui avons composé pour cet album. On a pas mal discuté à propos des choix dans notre nouvelle direction musicale. Nous nous sommes mis d'accord pour commencer à travailler avec des parties orchestrales et des influences celtiques. C'était ce que nous visions, une combinaison de metal et musique folk traditionnelle. Je lui ai alors parlé de mes idées pour les paroles. Il a été époustouflé par mon idée de proposer un concept-album basé sur le célèbre livre de Tolkien, le Silmarillion. J'avais proposé des alternatives à cette idée. L'une d'elle était basée sur les mythes germaniques, mais André a préféré celle du Silmarillion. Je me doutais de l'ampleur du travail qui m'attendait pour l'écriture des paroles. Quand on choisit Tolkien comme inspiration, il faut travailler sur l'ensemble de l'histoire de façon assez précise. Chaque élément doit être choisi avec attention, afin d'attirer les lecteurs assidus de Tolkien, pour qu'ils retrouvent cet univers. Ca a représenté beaucoup de boulot pour moi. On a travaillé sur les chansons d'une façon différente. En général, André ne connaissait pas les paroles en composant, cette fois c'était différent. Il savait de quoi elles allaient traiter et comment, après les chansons, l'histoire allait continuer. En prenant ça en compte, nous avons commencé à composer la musique.

La façon dont nous avons bossé sur "Nightfall in Middle-Earth" était nouvelle pour nous, c'est la plus grande différence entre cet opus et les précédents. La façon dont sont combinées les paroles et la musique est vraiment unique, et je pense que "Nightfall In Middle-Earth" est notre meilleur album et le sommet de notre carrière. Nos cerveaux grouillaient d'idées, et nous étions capables d'en réaliser la majorité. Pour la première fois, nous travaillions dans notre propre studio, le Twilight Hall Studios. Nous avons longtemps fignolé cet album, on y a aussi beaucoup investi au niveau financier. L'enregistrement final et le mixage ont été faits au Danemark, une fois de plus, et nous avons à nouveau travaillé avec Flemming Rasmussen. C'est à cette époque que nous avons rencontré Charlie Bauerfeind, qui a eu une énorme influence au niveau de la batterie et du chant sur cet album. Nous avons été agréablement surpris par son travail, nous avons donc décidé de travailler avec lui plus tard. Bien sûr, Flemming a super bien travaillé également, mais en considérant les éléments classiques et progressifs présents dans notre musique, Charlie nous offrait de meilleures possibilités. A cette époque, nous avons même commencé à avoir une vision précise de notre prochaine orientation musicale, et même du prochain album.

Nous avons travaillé plus de 8 mois sur "Nightfall In Middle-Earth", et le dernier jour d'enregistrement fut aussi celui du mixage. Le travail était intensif, avec peu de pauses. Nous ne faisions plus la fête. Je ne veux pas dire par là que nous ne nous amusions plus, mais nous étions plus concentrés sur la musique. Nous n'avions pas le temps pour autre chose. L'album était devenu notre job à plein temps, et juste après notre retour du Danemark, la propagande a commencé. Aucun jour libre, nous devions assurer la promotion jusqu'au début de la tournée. Quand je me suis rendu compte du travail qu'allait encore demander "Nightfall In Middle-Earth", j'ai décidé d'arrêter de m'occuper de la basse. Par chance, nous avons rencontré Oliver Holzwarth, c'était la personne qu'il nous fallait. Il jouait auparavant dans son propre groupe, possédant donc déjà de bonnes capacités, et j'aimais bien la façon dont il travaillait la musique. Ses idées et son style expliquent aussi que l'album ne sonne pas comme les autres. Le matériel du nouvel album était si compliqué à jouer que nous ne pouvions engager quelqu'un dont les capacités étaient limitées. Ca m'a également beaucoup aidé, j'ai ainsi pu me concentrer entièrement sur les paroles et le chant.

Quand nous tournions, c'était assez bizarre pour moi d'être sur scène avec juste un micro, sans jouer la basse. C'était comme ça, j'ai du m'y faire. Le tout - enregistrement, promotion et tournée - était vraiment éprouvant. La demande qui nous était adressée était énorme, nous devions assurer de nombreux concerts. Nous étions tous stressés et crevés, mais ça nous a apporté un succès important. Avec ce nouvel album, nous avons doublé notre nombre de fans. Nous avons joué dans presque tous les pays européens, parfois pour la première fois. Il me semble que c'est par exemple la première fois que nous avons joué en République Tchèque, dans un festival. Nous n'avions pu nous y rendre avant, mais cette fois-ci, nous étions vraiment crevés. Après la tournée européenne, nous avons fait une petite pause, avant d'attaquer le concert le plus important. Nous étions co-headliners au Wacken Open Air. Après ce concert, nous devions nous rendre en Amérique du Sud. Un sacré bordel, tout se passait très vite. A cause du stress et de la fatigue, j'ai attrapé la crève, et nous avons du annuler le concert. C'était impossible de tout faire sans tomber malade. La tournée était très stressante et le travail était surhumain, au point que nous ne nous amusions pas et avions du mal à l'apprécier, malgré son succès. Un autre souvenir douloureux de cette période est l'enregistrement pour le titre Mirror Mirror. On avait peu de moyens pour réaliser la vidéo, et la personne l'ayant réalisé ne connaissait rien au monde du heavy metal. Il a essayé de faire une sorte de documentaire sur nous, un peu dans le style des Backstreet Boys, ce qui explique que nous haïssons depuis toujours ce clip.

A Night At The Opera

A Night At The Opera

Une nouvelle histoire commence, différentes des précédentes. Comme je l'ai dis, après "Nightfall In Middle-Earth Tour", nous étions très fatigués. Une longue pause s'imposait. Nous ne pouvions pas recommencer à travailler directement après la tournée. Celle-ci s'est arrêtée à la fin de l'année 1998 et nous espérions débuter le travail début 1999, ce qui était complètement irréalisable. Il nous fallait au moins un an pour retrouver l'énergie nécessaire et effacer tout ce stress, présent pendant trop longtemps. Nous avons seulement pu enregistrer les titres de Ronnie James Dio pour l'album en son hommage, Don't Talk To Strangers, les meilleures reprises que nous ayons jamais réalisées, je pense. Avant de nous remettre au processus d'écriture nous étions d'accord avec André pour faire des changements d'instrumentations, d'arrangements ... Changer à peu près tout en fait, si nous voulions que nos nouvelles compositions apportent vraiment quelque chose par rapport aux anciennes. Il était inconcevable de réaliser un second "Nightfall in Middle-Earth" et de rejouer sans cesse la même musique. Il nous a fallu un certain temps pour trouver ce qui nous correspondait le mieux. Au début, nous devions faire face à plusieurs problèmes parce que beaucoup de choses étaient nouvelles pour nous et sonnaient donc différemment. Nous ne suivions pas nos règles habituelles. Nous devions travailler sur chaque chose individuellement.

Au niveau musical, tous les titres sur "A Night At The Opera" sont différents. Si vous prenez des morceaux comme Sadly Sings Destiny, Precious Jerusalem, Battlefield, And Then There Was Silence, ils sont tous biens distincts les uns des autres. En fait, tout l'album sonne différemment de ce que nous avons pu faire auparavant. The Soulforged et The Maiden And The Minstrel Knight, par exemple, n'ont, je pense, absolument rien en commun avec The Bard's Song (In The Forest), Hall Of The King ou encore A Past And Future Secret. C'est un album aussi différent qu'intéressant. Nous avions tellement d'idées, qu'il nous était impossible de les rassembler toutes dans un titre. Quand nous avons commencé la pré-production, c'était évident que cet album allait être un grand challenge pour nous tous. A la fin de l'année 2000, en octobre ou novembre je crois, nous étions certains que l'album allait être terminé pour septembre 2001. Finalement, l'enregistrement et le mixage ont été finalisés fin 2001. Je dirais que "A Night At The Opera" est un album très complexe avec des chansons puissantes. Je pense même que And Then There Was Silence est la chanson la plus puissante que nous ayons jamais composée. Malheureusement, pour quelques fans, l'album fut une énorme déception. Bien qu'il nous ait permis de gagner de nouveaux fans, nous en avons perdus d'autres, qui nous suivaient depuis nos débuts. Je pense qu'"A Night At The Opera" est l'album le plus controversé de notre discographie. Beaucoup de gens se plaignait du titre même de l'album, car selon eux, il ne correspondait pas à l'image de Blind Guardian. Pour nous, c'était simplement un moyen de capter l'atmosphère d'une nuit à l'opéra, tout comme l'avait fait Queen pour l'un de leur album. Nous voulions nous servir de leur influence sur notre album et c'est pourquoi nous pensions que ce titre était tout à fait justifié. Beaucoup ont aimé, beaucoup d'autres ont détesté. Tout le monde a sa propre opinion sur le sujet et nous ne pouvons rien y changer. Personnellement, je pense que la majorité des gens apprécieront cet album après avoir écouté nos deux ou trois albums suivant. Nous allons toujours de l'avant, tant au niveau global du groupe qu'en tant que musiciens individuels et nous voulons donc faire de même pour notre musique. Nous sommes sur la bonne voie pour produire de nouveaux chefs d'œuvres, comme l'est "Nightfall In Middle-Earth", et c'est uniquement le cas parce que notre prochain chef d'œuvre puisera ses origines dans "A Night At The Opera".

La tournée pour "A Night At The Opera" a été fantastique. Nous avions reçu une grosse promotion et des critiques positives dans les medias. Nous avons même eu le temps de répéter, ce qui était impossible avant la tournée de "Nightfall In Middle-Earth". La tournée européenne a particulièrement rencontré de l'engouement. Nous avons essayé de faire de notre mieux pendant les concerts et nous n'avions aucune limite en termes de production. Nous avons pris tout ça très au sérieux car nous ne voulions pas partir en tournée avec des moyens de production au rabais. Pour la première fois, nous avons utilisé une scène avec de bonnes acoustiques, ce qui était supposé faire partie du DVD "A Night At The Opera". Il y a un concept artistique derrière l'album que nous voulions transférer à la scène incluant cette atmosphère si spéciale. Pour la première fois nous sommes allés aux Etats-Unis et au Canada où nous avons fait 25 concerts. Nous avons été plutôt bien accueillis mais nous n'étions pas habitués au climat local et au mode de vie. Nous sommes donc tombés malades et nous n'étions pas capables de nous donner à 100% lors de certains concerts.

La tournée s'est achevée à la fin de l'année 2002. Dès cette date, nous avons commencé à travailler sur notre premier DVD officiel. Nous avions beaucoup de bonnes vidéos de la tournée, nous n'avons donc pas rencontré de problème de contenu, mais nous avons décidé que le moment d'organiser notre propre festival était venu. Jouer dans beaucoup de festivals avait été très intéressant, mais les concerts étaient quelque fois moins bons que nous l'aurions souhaité à cause des conditions techniques. C'était passionnant de jouer devant tant de monde, comme c'était le cas au Wacken Open Air, mais nous voulions trouver un moyen d'avoir vraiment toutes les cartes en mains. Finalement, le festival était fantastique, il a rassemblé des gens du monde entier. Je suis très satisfait de ce DVD et de son album live.

Le prochain problème auquel nous avons du faire face concerne notre maison de disque. Depuis les années 90, de grosses maisons de disques ont souffert de différentes crises financières qui ont causé de sérieux problèmes, pour quasiment tous les groupes. Des plus grosses maisons, seulement Warner, EMI et Universal ont survécu. Malheureusement, Virgin Records, qui était une excellente maison de disque pendant plus de 10 ans, a été rachetée par EMI. Lorsqu'EMI a complètement pris le contrôle de Virgin, l'idéologie du label a rapidement changée. Pour nous, il était de plus en plus difficile de travailler avec eux. Quand notre DVD "Imaginations Through The looking Glass" est sorti, beaucoup d'erreurs ont été faites. Dans un premier temps, nous étions forcés d'accepter cette situation car nous avons dépensé beaucoup de temps et d'argent pour ce projet, mais au bout d'un certain temps, nous avons décidé de rompre le contrat. Par la suite, nous n'avons plus recherché LE gros label. Cela n'aurait eu aucun sens, car seulement trois d'entres eux avaient survécu et ils avaient la même idéologie. Nous recherchions un label connu mais indépendant. Heureusement, nous avons reçu une offre de la part de Nuclear Blast, qui recherchait un groupe tel que Blind Guardian. Et finalement, suite à certains désaccords et divers problèmes, Thomen, notre batteur a décidé de quitter le groupe. C'est arrivé au début de l'année 2005.

A Twist In The Myth

A Twist In The Myth

Nous n'avions toujours pas de batteur une fois tous les titres d'"A Twist In The Myth" composés. L'enregistrement ne pouvait pas commencer alors que nous avions déjà signé avec Nuclear Blast. Un gros dilemme se posait à nous. Nous avions besoin d'un batteur qui comprendrait que nous créons notre propre style et identité, ce qui n'était pas accepté par des batteurs de la vieille école comme Thomen. C'était évident que le petit nouveau ne serait pas déjà célèbre dans le milieu. Notre avions besoin d'un jeune qui nous apporterait de la fraicheur, quelqu'un de motivé pour faire de nouvelles choses. Soudain, Frederik Ehmke s'est présenté et nous a convaincu par sa vidéo qu'il nous avait envoyée. Il y jouait 3 chansons. Ce n'est pas seulement sa formidable énergie qui nous a plu, mais surtout sa faculté à jouer aussi bien les vieux morceaux de Thomen que d'autres plus progressifs. C'était exactement ce qu'il nous fallait. Après le visionnage de cette vidéo, nous savions qu'il était la bonne personne. Bien sûr, avant de l'intégrer au groupe, nous avions répété quelque fois ensemble car nous voulions voir s'il correspondait au groupe, non seulement en tant que musicien mais en tant que personne. Heureusement, il nous apportait vraiment un état d'esprit positif, ce dont nous avions plus que jamais besoin.

Partir en tournée avec lui était fantastique. C'était vraiment super qu'il ait réussi à tout gérer correctement sans problème majeur. Il travaille dur, et s'améliore sans cesse. Je suis certain que les gens auront le souffle coupé en écoutant notre nouvel album et surtout en appréciant les qualités de Frederik. Il a fait un super travail sur "A Twist In The Myth", mais vous savez, il a intégré le groupe une fois que tout le contenu était là. Et je suis sûr à 100% que dans quelques années Frederik deviendra l'un des meilleurs batteurs de la scène metal. Il a déjà un très bon niveau, mais je place en lui de très hauts espoirs car comparé aux autres membres du groupe, il est très jeune.

Selon les critiques, "A Twist In The Myth" n'est pas aussi bon que "A Night At The Opera", bien que les titres soient davantage un retour aux sources que les précédents albums. Les critiques étaient moins bonnes que ce que j'espèrerais, mais les fans l'ont plutôt bien accueilli. Je pense que Nuclear Blast et le groupe devraient s'en réjouir. Tout comme sur "A Night At The Opera", il y'a des éléments nouveaux qui ne plaisent pas à tous, même si je pense qu'"A Twist In The Myth" est un bon album. Pour moi, écouter Fly est une expérience intéressante car je n'aurais jamais pensé que Blind Guardian réaliserait ce type de morceaux. Ce n'est pas seulement le cas pour mon groupe, j'apprécie quand des artistes que j'écoute apportent des nouveautés dans leur discographie.

Sans hésiter, je dirais que la tournée pour "A Twist In The Myth" est celle qui a connu le plus de succès dans toute notre carrière. Et c'est ce qui nous conduit où nous sommes aujourd'hui. Nous aimons toujours notre travail, composer de nouvelles chansons et les jouer en concerts. En ce moment, nous écrivons pour notre prochain album. Il sortira normalement au courant de l'année 2010, mais certainement pas avant le mois de septembre, peut-être bien plus tard. Charlie doit tout d'abord terminer son travail pour Rage, avant de travailler sur la production de Blind Guardian. Elle est prévue pour septembre 2009 et je crois que tout sera achevé en mai 2010. Ensuite, Nuclear Blast décidera de la date de sortie de l'album, car le groupe fait partie des plus importants de la maison de disques. Je pense donc qu'ils n'attendront pas très longtemps avant sa sortie. Peut-être que ce sera pour juillet ... mais ce n'est pas un bon mois pour une sortie. C'est pourquoi je mise sur l'automne 2010.

En Allemagne, nous avons composé une chanson intitulée Sacred pour le jeu Sacred II – The Fallen Angel qui vient de sortir. Je pense que cette chanson permettra aux gens de savoir à quoi s'en tenir pour le prochain album. Quand ils entendront ce que nous avons changé et les progrès que nous avons fait, ils seront surpris, à mon avis. Ce n'est pas seulement grâce à Frederik mais aussi grâce aux autres membres. Nous avons déjà 2 ou 3 titres qui sont plus ou moins aussi bons que Sacred. Quand je compare ces morceaux à ceux de "A Night At The Opera" et "A Twist In The Myth", je les trouve plus surprenants. Nous travaillons toujours sur notre projet orchestral sur lequel nous avons commencé à nous pencher dès la période "Nightfall In Middle-Earth". On peut dire qu'il nous aura suivis tout au long de l'aventure Blind Guardian. Ce sera un album classique avec de nouveaux titres composés pour un orchestre, et avec des paroles. Pour l'instant, nous avons déjà écris 11 morceaux. Ce projet se terminera peut-être au même moment que le nouvel album. La fameuse question "Quand pourrais-je enregistrer les parties chantées ?" revient sans cesse. Nous avons prévu la sortie de l'album pour la fin de l'année 2011 ou le début 2012. Ou bien, peut-être que nous le sortirons pour fêter les 25 ans du groupe. Peut-être qu'un nouveau Blind Guardian Open Air aura lieu à cette occasion. Qui sait ? Si tout se passe bien, notre projet orchestral sortira en même temps que le festival aura lieu, mais nous devons trouver un endroit approprié pour cela. Si tout se passe comme nous l'avons prévu, je suis certain qu'autant le groupe que les fans en auront le souffle coupé.